La stigmatisation du tourisme sexuel en Gambie

Gambie : comment sortir du cliché du tourisme sexuel ?

Stigmatisée par son image de destination touristique associée au sexe, la Gambie peine à sortir de ce cliché et espère pouvoir rapidement tourner la page et diversifier son offre afin d’attirer une nouvelle clientèle. Un défi difficile à relever, mais pas impossible, à l’image d’autres pays africains, comme le Kenya, qui ont su tirer profit de leurs richesses naturelles.

La Gambie, un pays stigmatisé par le tourisme sexuel

Que connaît-on de la Gambie ? Malheureusement, pas grand chose, si ce n’est sa très glauque réputation autour du tourisme sexuel. C’est à peine si on sait situer le pays géographiquement. La Gambie, ancienne colonie britannique enclavée dans le Sénégal, est pourtant, comme beaucoup de pays d’Afrique, une région possédant de nombreuses richesses : en plus de sa faune et sa flore exceptionnelle, le pays, situé à l’extrémité Ouest de l’Afrique, possède également une riche histoire coloniale et liée à la traite négrière.

Pourtant, le pays a du mal à exploiter ces ressources touristiques. Pour beaucoup de Gambiens, il est bien plus lucratif de faire admirer leur corps de rêve aux Européennes sur la plage que de vendre des coquillages aux touristes. Certaines d’entre elles vont même jusqu’à les marier pour les aider à fuir la pauvreté de leur pays et venir s’installer en Europe. La précarité créée donc un exode de la population, qui lui-même ne fait qu’aggraver cette précarité. Un cercle vicieux dont il est bien difficile de se sortir.

Le pays espère diversifier son offre

Pour Abdoulie Hydara, le responsable national en charge du tourisme, tout n’est pas perdu pour autant. Alors que le tourisme contribue déjà au Produit Intérieur Brut du pays à hauteur de 20%, Mr Hydara espère pouvoir tirer parti des nombreuses richesses naturelles du pays, à l’image d’autre pays africains comme le Kenya.

Visites des parcs nationaux, découverte de la vie sauvage, croisières de plaisance sur le fleuve Gambie… Nombreux sont les attraits du pays qui restent encore à exploiter. Toutefois, un tel développement touristique nécessitera de lourds investissements, d’après Mr Hydara. Formation de guides professionnels, développement des infrastructures routières, amélioration de l’hôtellerie, mais surtout réorientation des travailleurs du sexe vers d’autres activités… La route est encore bien longue.

D’autant que la crise politique de ce début d’année n’a pas facilité les choses. La saison touristique 2017 semble donc très compromise et l’objectif de 195 000 touristes visé par le pays sera sans doute très difficile à atteindre, selon Mr Hydara.

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